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Constitution Hill

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Braamfontein 2017
Johannesbourg, Afrique du Sud

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Réseau des Sites de conscience en Afrique

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Que S'est-il Passé Ici?

En 1893, sept ans à peine après la fondation de Johannesburg, Paul Kruger, président de la Zuid-Afrikaansche Republiek, fit édifier la prison du Vieux Fort. Cette prison de haute sécurité, située sur une hauteur au nord de la ville, devait servir à intimider et à contrôler les uitlanders (étrangers) présents dans la ville minière de Johannesburg. Kruger transforma la nouvelle prison en fort militaire après le raid de Jameson (1896), durant lequel des immigrants essentiellement anglophones complotèrent avec les Britanniques pour renverser le gouvernement boer. Avec le début de la guerre sud-africaine ou guerre des Boers en 1899, laStaatsartillerie (artillerie nationale) boer surveillait de près les événements depuis son perchoir au sommet de Hospital Hill. Mais lorsque les Britanniques occupèrent Johannesburg en mai 1900, le fort se rendit sans le moindre coup de feu, et l’armée britannique emprisonna les soldats boers dans leur propre fort. Cet événement marqua le début de la longue histoire du fort comme lieu de punition, d’emprisonnement et de perpétration de violences à l’encontre des prisonniers politiques de tous acabits. En 1902, à la fin de la guerre, le fort redevint une prison et resta pendant huit décennies le principal centre d’incarcération de Johannesburg.

Trois autres bâtiments pénitentiaires furent construits à l’extérieur des remparts du Vieux Fort : la prison des femmes (Women’s Jail), le bloc d’attente des procès (Awaiting Trial Block) et les Sections quatre et cinq (Sections Four et Five). Le complexe pénitentiaire pratiquait la ségrégation raciale, les hommes blancs étant incarcérés dans le Vieux fort tandis que les prisonniers noirs étaient détenus dans les trois autres prisons du site. Le complexe pénitentiaire du Vieux Fort fut surnommé le Bloc numéro quatre. Depuis sa création, cette prison a toujours été une présence morbide dans la ville, sentiment renforcé par le développement de la banlieue élégante de Hospital Hill autour d’elle.

Pratiquement toutes les grandes figures politiques de l’histoire sud-africaine, du Mahatma Gandhi à Nelson Mandela en passant par Winnie Mandela ou Fatima Meer, ainsi que des dizaines de Sud-Africains ordinaires tombés dans les mailles du filet répressif du régime colonial et de l’apartheid, furent emprisonnés dans ces geôles. Dans la mesure où toute personne de couleur risquait l’incarcération à la moindre infraction, aussi minime fût-elle s par exemple pour avoir oublié ses papiers, ou tout simplement pour s’être trouvée au mauvais endroit au mauvais moment a, la notion même de criminel est remise en cause. Les vieux murs de pierre racontent un siècle d’histoires mettant en scène un système politique inique, une institution pénitentiaire brutale et la résistance de générations de prisonniers.