Organisée par la Coalition Internationale des Sites de Conscience, Navigating Difference est une initiative conjointe de trois sites dédiés à la mémoire d’aspects de l’histoire de l’immigration: Ellis Island National Monument, Le Bois du Cazier, et le Galata Museo del Mare.
Ce projet cherche à explorer, comparer et examiner la façon dont les visiteurs des musées aux États-Unis, en Belgique et en Italie perçoivent l’immigration – actuelle et passée.
Par le biais d’une installation interactive en place sur chacun des trois sites, les visiteurs sont invités à repenser l’immigration d’un point de vue historique, puis à répondre à trois questions simples sur le thème de l’immigration aujourd’hui. L’immigration est-elle une bonne chose pour mon pays ? Pour ma communauté ? Pour moi ? Les participants peuvent également découvrir ce que leurs homologues situés à l’étranger ont répondu.
En prenant appui sur les questions posées par l’installation, chacun des Sites de Conscience organise des débats communautaires dans le cadre desquels les visiteurs peuvent discuter de l’impact de l’immigration sur leur vie aujourd’hui.
Bienvenue au kiosque virtuel Navigating Difference !
Pour rejoindre la conversation, cliquez sur l’un des écrans du kiosque Navigating Difference ci-dessous. Pour chaque question, vous serez réorienté vers notre sondage interactif et notre forum de commentaires, hébergé par Facebook. (Remarque : votre participation est enregistrée mais vos réponses restent anonymes).
l’immigration est-elle une bonne chose pour mon pays ? 
l’immigration est-elle une bonne chose pour ma communauté ?
l’immigration est-elle une bonne chose pour moi ?
Après avoir donné votre opinion, vous aurez la possibilité de voir ce qu’ont répondu d’autres membres de Facebook. Rendez-vous ensuite sur www.navigatingdifference.com pour prendre connaissance des réponses des visiteurs des musées d’Ellis Island (Etats-Unis), du MuMA (Italie) et du Bois du Cazier (Belgique).
All images courtesy of Blue Telescope Interactive Design Firm
Le 8 août 1956, un feu s’est propagé à la mine de charbon du Bois du Cazier à Marcinelle, en Belgique, tuant 262 hommes de 12 nationalités différentes. Le site offre maintenant aux visiteurs l’opportunité de réfléchir aux vies et aux contributions d’anciens immigrants en Belgique et aux facteurs influençant la politique d’immigration actuelle.
En mars 2011, Le Bois du Cazier a organisé son premier dialogue Navigating Difference réunissant 18 personnes récemment immigrées en Belgique — des femmes exclusivement, de nationalités diverses issues de pays allant du Maroc à la Russie, d’Azerbaïdjan à la Géorgie. Celles-ci ont d’abord découvert les expositions du musée pour en savoir plus sur le rôle historique joué par les ouvriers immigrants, vu sous l’angle de l’hommage rendu par le site. La discussion s’est ensuite enrichie du propre vécu des participantes, dans lequel ces dernières ont puisé pour établir des liens entre le passé et le présent.
Le groupe, issu d’un cours de langue française, a commencé par à une simple question essentielle : faut-il imposer aux immigrants qu’ils apprennent le français au cours de leur cheminement vers la nationalité belge ? Au Bois du Cazier, « nous avons eu une discussion approfondie sur l’intégration et sa différence avec l’assimilation », a indiqué Christelle Dethy, la directrice du projet. « Les Musulmanes et les Roumaines ont exprimé des points de vue très différents, mais chacune d’elles a quitté le groupe après avoir écouté les idées des autres, même si elles ne les partageaient pas nécessairement ». Ceci a amené les étudiants à réfléchir à un certain nombre d’autres questions auxquelles sont confrontés les immigrants en Belgique et dans leurs pays d’origine : l’assimilation, les barrières à l’immigration mises en place par le gouvernement et les implications des mesures de restriction de l’immigration pour la démocratie.
Ce dialogue avec le groupe a servi de tremplin au lancement d’un débat public, organisé conjointement par la Coalition et les trois sites au Bois du Cazier en avril 2011. Le forum, intitulé « Navigating Difference: A Forum on US and European Approaches to Immigration Past and Present in Belgium, Italy and the US » (Forum sur les approches américaine et européenne de l’immigration actuelle et passée en Belgique, en Italie et aux États-Unis), a confronté la question de l’immigration dans le contexte des vives discussions politiques et publiques concernant les immigrés dans ces trois pays. Selon un participant, « Navigating Difference représente un bon moyen d’instaurer la confiance à l’égard des immigrés parmi les ressortissants nés dans le pays ».
Les étudiants de New Jersey City University (Université du ville New Jersey) se sont rendus cinq fois à Ellis Island en 2011 pour débattre de son histoire, de la politique contemporaine de l’immigration et de ses implications pour les services sociaux et les services à la personne, la citoyenneté et les conceptions du rêve américain. Plusieurs participants ont décrit leur combat pour préserver leur héritage culturel tout en s’assimilant à leur nouvelle patrie. Un étudiant a suggéré que, pour l’essentiel, la société avait accueilli des immigrants dans le passé parce que « ces gens étaient de mon pays », mais n’étaient pas en mesure de relier le passé et le présent, et estimait que « les personnes immigrant aujourd’hui sont différentes ». (Pour lire l’article complet en anglais, cliquez ici.)
Après avoir débattu des questions d’ordre humanitaire et économique qui entourent l’immigration, des lycéens de Gênes – dix Italiens de souche, neuf Équatoriens, et un Péruvien – sont descendus dans la rue pour poser aux passants trois questions clés, identiques à celles du kiosque. Environ 80 % des personnes interrogées ont ainsi déclaré « Oui, l’immigration est une bonne chose pour mon pays ». Mais beaucoup d’entre elles ont éprouvé des difficultés à répondre simplement par « oui » ou par « non » à la troisième question, « L’immigration est-elle une bonne chose pour moi ? ». Les gens se sont sentis mal à l’aise pour prendre définitivement position sur ce sujet et ont souhaité expliquer leur réponse. (Pour lire l’article complet en anglais, cliquez ici.)