Nouveaux programmes du Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience

Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience de la Coalition apporte une assistance financière et technique aux sites membres pour les aider à monter des projets qui utilisent leurs histoires pour ouvrir un dialogue sur un sujet actuellement brûlant pour leurs communautés. Vous trouverez ci-dessous la liste des projets soutenus par le Fonds.

Bénéficiaires du Fond d’Appui du Projet Hiver 2010

La guérison de l’Irlande du Nord par le biais du souvenir a reçu des fonds pour leur projet «  Des Objets du Quotidien Transformés par les Conflits ». Le group travaille depuis 2002 au développement d’un Musée Mémorial Vivant qui se souviendra du conflit Nord Irlandais dans le but de bâtir un meilleur avenir. Leur nouveau projet vise à faciliter le dialogue entre les diverses entités, cherchant à trouver la façon d’aborder le processus de guérison lorsque des récits multiples et contradictoires se font face. Des collectionneurs du Royaume-Uni et d’Irlande du Nord seront invités à prêter des objets pour les expositions à venir, et ils participeront à des séances de dialogue sur la conception de l’exposition.

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A la suite du coup d’Etat de 1973 qui a renversé le Gouvernement du Président Chilien Salvador Allende, le Stade National de Santiago devint le plus grand « camp de concentration » au Chili. Il est estimé que plus de 40 000 personnes passèrent par le Estadio Nacional durant le régime de la junte. Aujourd’hui, l’Association Métropolitaine Régionale des Anciens Prisonniers Politiques travaille à préserver le site et sa mémoire historique de prison politique. Depuis 2005, l’Association, en collaboration avec les survivants, organise des visites guidées pour les étudiants et le grand public.

Le Projet de Fond de Soutien de la Coalition va renforcer la capacité d’enseignement de l’organisation en  soutenant la formation de 30 guides sur les Droits de l’Homme, l’Histoire et la Mémoire. Les guides, généralement des jeunes, des membres de la communauté et des proches des survivants, ne vont pas seulement apprendre les techniques pour enseigner l’Histoire, mais aussi la façon d’encourager les visiteurs à réfléchir sur la répression politique de nos jours.

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Alarmés par la montée de violence et la discrimination envers les migrants et les minorités en Italie, la Fondation de l’Ecole de la Paix de Monte Sole (Peace School Foundation of Monte Sole) lance M.E.T.A : Mémoire, Education, Théâtre, Action, un projet qui vise à utiliser le théâtre pour penser l’Italie fasciste durant la Seconde Guerre Mondiale et réfléchir sur le sens de la citoyenneté Européenne aujourd’hui.

Des étudiants âgés de 18 à 25 ans feront l’expérience de cette fondation de Site of Conscience, en marchant sur les collines où eu lieu le massacre de villageois italiens en 1944, tout en analysant des questions relatives au comportement humain et aux mécanismes de violence. Puis, à la suite de lectures et discussions de différents textes, les participants concevront leur propre pièce de théâtre. Au travers de cette activité, les éducateurs de Monte Sole souhaitent amener les étudiants à une compréhension et une analyse critique quant à la production de violence, afin réaliser pourquoi la violence nous menace encore aujourd’hui.

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Mémoire Ouverte (Memoria Abierta) se concentre sur les processus judiciaires actuels de l’Argentine – 12 procès liés aux dictatures du pays se déroulant sur l’ensemble du territoire, pour accroître la sensibilisation quant à la valeur de la justice. Au sein d’un nouveau projet, l’organisation, qui cherche à préserver la mémoire des régimes répressifs argentins dans le but de construire la démocratie, va collecter des travaux de recherche et des histoires orales quant au processus de répartitions, explorant les expériences respectives de victimes, proches et témoins. A partir de cette étude, Memoria Abierta créera une pièce audiovisuelle qui sera exposée au Parc de la Mémoire à Buenos Aires, réunissant différentes perspectives sur les crimes de guerres, la répression et la justice. Cette œuvre servira comme un outil stimulant la réflexion sur ces questions et encourageant la participation active dans les institutions démocratiques.

La Villa Grimaldi éveille le pouvoir des témoignages – passé et présent (Chili)

En septembre 1973, un violent coup d’État a mis en place au Chili une dictature militaire brutale qui a marqué le début d’une campagne de répression qui allait durer 17 ans. Des milliers d’habitants ont été arrêtés, beaucoup ont « disparu », alors que d’autres sont revenus avec des histoires terrifiantes des centres clandestins de détention et de torture.

Avec le soutien du Fonds de soutien aux projets de la Coalition, la Corporation Parc pour la paix Villa Grimaldi rassemblera la puissance de ces histoires par le biais d’un nouveau programme pour éveiller et promouvoir l’impact des témoignages d’hier et d’aujourd’hui. « Éducation pour la mémoire et les droits de l’homme : l’utilisation du témoignage pour une appropriation critique du passé et du présent » invitera des lycéens, des professeurs et des survivants à explorer l’histoire de Villa Grimaldi. Au cours de leur visite, les participants sentiront la puissance des témoignages personnels et découvriront le sens que ces « histoires vivantes » ont joué dans la découverte, la reconstruction et la préservation de l’histoire de Villa Grimaldi.

Après un parcours dans le site, un atelier de formation montrera aux participants comment contribuer à la construction de la mémoire historique. L’atelier analysera les différentes techniques et moyens de communication, tels les films et les photographies, que les visiteurs peuvent utiliser pour réunir et partager des témoignages. Vers la fin du programme, les élèves sont invités à réfléchir sur les problèmes sociaux contemporains et à utiliser les compétences qu’ils viennent d’acquérir pour produire un témoignage -un enregistrement pouvant transmettre comment les évènements de l’actualité les touchent, soit personnellement, soit leur pays ou leur communauté.

Les nouveaux ateliers du Musée de la mémoire invitent les élèves à «Regarder le présent depuis notre mémoire» (Uruguay)

Situé dans l’ancienne maison de campagne du violent dictateur uruguayen de la fin du XIXe siècle, le Général Máximo Santos, le Musée de la mémoire (MUME) se sert de l’énergie de l’endroit pour faire connaître l’histoire du Terrorisme d’État en Uruguay (1973-1985) et de la courageuse résistance des opposants. Le MUME regroupe recherche historique et initiatives artistiques, éducatives et culturelles et a développé « Regarder le présent depuis notre mémoire », un ensemble nouveau et innovant d’ateliers conçus pour attirer des audiences larges et diverses autour de la mémoire personnelle et collective.

Soutenu par le Fonds de Soutien aux Projets de la Coalition internationale, le programme invitera des élèves de tous âges et origines à aborder les sujets présentés dans le site et l’exposition permanente du musée qui montre l’histoire sociale et politique de l’Uruguay depuis 1960 jusqu’à 1985.

À l’aide de moyens divers, allant de l’argile jusqu’à des adhésifs, du papier et des clous, chaque atelier invite les participants à réfléchir sur l’histoire de lutte de l’Uruguay en établissant à la fois des liens avec des problèmes contemporains, tels la torture, l’emprisonnement et la pauvreté. Tous les ateliers ont recours aux arts visuels, aux textes écrits ou à la parole pour créer un espace de libre expression, collaboration et dialogue. Dans l’atelier d’arts visuels, par exemple, les utilisateurs travaillent l’argile pour exprimer leurs impressions sur le trajet du site et se servir de leurs oeuvres comme point de départ pour dialoguer sur les violations des droits de l’homme, passées et présentes.

L’exposition d’Histoires de Frontière invite à l’exploration des complexités de l’immigration (États-Unis)

El Paso (Texas), la plus grande communauté urbaine à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, est un témoignage vivant des complexités de l’histoire de l’immigration, de la singularité des villes et de la culture frontalière aux États-Unis. L’Université Texas El Paso (UTEP) donne un visage humain à ces complexités grâce à une nouvelle exposition intitulée “Building a City and a Nation: Immigration Stories from El Paso, Texas”, « Construire une ville et une nation: Histoires d’immigration de El Paso, Texas ».

En 33 ans, l’UTEP a compilé une collection d’histoire orale considérable en rapport avec la frontière et elle organise des programmes de dialogue sur des thèmes frontaliers avec des membres de la communauté et des fonctionnaires du gouvernement. L’UTEP a travaillé au développement du Musée d’histoire de l’immigration « Passage au Nord » et espère que l’exposition « Construire une ville et une nation » servira d’inspiration pour de nombreuses autres expositions qui pourraient aboutir par un musée permanent.

Photo: Casasola Studio photographs, PH041. University of Texas at El Paso Library, Special Collections Department

Photo: Casasola Studio photographs, PH041. University of Texas at El Paso Library, Special Collections Department

Avec l’aide du Fonds de Soutien aux Projets de la Coalition Internationale, l’exposition utilisera des portraits, des images, des témoignages personnels et des informations historiques pour jeter la lumière sur les milliers de personnes qui traversèrent la frontière pendant les années 30 et 40, lorsque l’hostilité croissante envers les immigrés mexicains entraîna des campagnes de rapatriement massif et de déportation. « Construire une ville et une nation » mettra en commun des histoires personnelles de divers immigrants, exilés et de leurs descendants, pour refléter la diversité des expériences d’immigration de El Paso. L’exposition dévoilera également comment les expériences passées des immigrés et exilés sont liées aux problèmes actuels, depuis l’assimilation culturelle et les politiques d’immigration jusqu’à l’acte physique énorme que signifie traverser la frontière.

Photo: Casasola Studio photographs, PH041. University of Texas at El Paso Library, Special Collections Department


Partie intégrante de l’exposition, des panneaux d’affichage et des murs peints avec des graffitis inviteront les visiteurs à commenter et à partager leurs histoires personnelles, tandis que des questions ouvertes les sonderont pour explorer comment le passé informe sur les perceptions et les politiques actuelles. Afin de discuter sur certains de ces sujets, l’UTEP invitera le public bénéficiaire (étudiants, leaders de communauté et personnel de la patrouille frontalière) à des conversations au moment du déjeuner, où ils auront l’opportunité de débattre leurs idées sur l’exposition ainsi que leur propre expérience avec les problèmes actuels d’immigration.

À Chicago, l’Exposition sur le génocide au Cambodge catalyse la discussion sur l’immigration contemporaine (États-Unis)

A Phnom Penh, des ex-dirigeants Khmers Rouges sont jugés pour leur participation au génocide du Cambodge, initiant un nouveau débat sur l’héritage du régime. Tandis que le Cambodge se débat avec son histoire, quelques communautés des États-Unis, qui a reçu des milliers de cambodgiens fuyant leur pays, découvrent pour la première fois le génocide.

Pour faire prendre conscience et établir un lien entre l’histoire du génocide du Cambodge avec les questions contemporaines de re-installation et de déportation, le Musée du patrimoine américano-cambodgien (CAHM) met en place une version itinérante de l’exposition “Witnessing the Cambodian Killing Fields (Témoins des camps de la mort du Cambodge)”, ainsi qu’un programme de dialogue innovateur et un programme d’enseignement rénové. Inauguré en 2004, le CAHM rend hommage aux communautés du Cambodge et à la culture aux États-Unis à travers des expositions qui explorent l’histoire du Cambodge, le génocide dans les camps de la mort, et les voyages et histoires d’américano-cambodgiens.

Appuyé par le Fonds de Soutien aux Projets de la Coalition Internationale, le CAHM intensifiera ses efforts pour amener l’exposition « Témoins des camps de la mort du Cambodge » dans les musées, centres communautaires et écoles aux États-Unis. L’exposition examinera le contexte historique et politique qui a permis l’essor et la chute des Khmers Rouges et partagera l’impact du régime à travers des histoires personnelles, des photographies et des effets de survivants.

Après avoir parcouru l’exposition, les visiteurs pourront participer à un dialogue sur les défis de la réinstallation des Cambodgiens aux États-Unis et de la menace de déportation à laquelle beaucoup sont confrontés aujourd’hui. Par le biais de ces conversations, le CAHM invite les participants à faire un lien entre l’histoire de Khmers Rouges avec des questions contemporaines plus larges comme les politiques de déportation des États-Unis et les droits des réfugiés actuellement. De plus, le CAHM élabore un nouveau programme d’enseignement pour enseigner sur le génocide au-delà de la visite du musée. Le programme d’enseignement aura recours à de nombreux éléments de l’exposition pour aider professeurs et élèves à discuter de l’impact global du génocide, ses causes et son héritage.

Dialogues nationaux sur la justice, l’impunité et la responsabilité, à présenter à la Cour Spéciale (Sierra Leone)

Le Tribunal Spécial de Sierra Léone, créé conjointement par le Gouvernement de la Sierra Leone et les Nations Unies, chargé de l’investigation des crimes de guerre commis durant la guerre civile de 1996, devrait conclure en fin d’année. Cependant, des questions non résolues persistent toujours autour de la justice et de l’impunité, la guérison et la réconciliation. Pendant cette période de transition, Campaign for Good Governance (CGC), une des plus anciennes organisations non gouvernementales en Sierra Leone, lance un dialogue public national parmi tous les secteurs de la société sur le sentiment de justice, l’impunité et la responsabilité, sur le site du Tribunal Spécial, considéré comme un icône de la transition du pays depuis la guerre.

Etabli en 1996, le CGG travaille pour une société civile plus informée et un État démocratique, et encourageant la participation citoyenne dans la gouvernance à travers la promotion et la création de capacités. Avec l’appui du Fonds de Soutien aux Projets de la Coalition Internationale, le CGG met en marche une série de programmes de dialogue public dans le Tribunal Spécial pour inciter la réflexion et générer le débat sur le rôle du site et ses implications contemporaines.

Le programme du premier dialogue réunira une grande variété de parties intéressées par le débat sur des thématiques de justice et d’impunité non résolues dans le pays. Dans un forum de dialogue en parallèle, les membres de la communauté aborderont les réussites et l’héritage du Tribunal Spécial. Pour finir, les dialogues avec des étudiants et des groupes de jeunes inviteront les générations actuelles à s’informer sur le Tribunal dans un contexte plus large de justice et Droits de l’Homme.

Chaque dialogue public explorera également ce que le Tribunal Spécial peut signifier pour la réconciliation en Sierra Leone lorsque les procès prendront fin. Par exemple, est-ce que le site pourrait se convertir en un mémorial et continuer à contribuer d’une façon différente à la guérison et à la justice sociale? Par le biais de ces dialogues nationaux entre divers groupes, le CGG essayera d’élaborer une nouvelle vision pour le Tribunal Spécial dans la mesure où le pays avance vers son futur.

La nouvelle exposition du musée Hull-House de Jane Addams aborde le thème de “Unfinished Business” (thèmes non résolus) (États-Unis)

En ligne avec l’héritage de la réformatrice sociale Jane Addams, le musée Hull-House de Jane Addams présentera une nouvelle exposition interactive pour encourager la compréhension continue entre personnes de différentes cultures sur des thématiques sociales contemporaines brûlantes. Le musée Hull-House de Jane Addams sert comme un monument dynamique à la lauréate du Prix Nobel de la Paix, Jane Addams (1860-1935), et à d’autres réformateurs sociaux dont l’œuvre a influé sur la vie de leurs voisins immigrants, ainsi que sur la politique publique nationale et internationale. Le musée Hull-House établit des liens entre le travail de ces résidents et d’importants problèmes sociaux actuels. Le musée conserve et développe le site originel de la Hull-House pour l’interprétation et la continuité de la vision de la maison historique, liant investigation, éducation et engagement social.

La nouvelle exposition intitulée « Unfinished Business », appuyée par le Fonds de Soutien aux Projets de la Coalition Internationale, crée une conscience sur les sujets sociaux critiques qui sont restés irrésolus depuis l’époque de Jane Addams. L’exposition utilise des modules interactifs sur trois questions contemporaines « non résolues » : la justice des mineurs, l’immigration et le travail, et le financement du changement social. Les modules, appelés « Think Outside of the Box » (Penser hors de la boîte), « Find your Voice » (trouver sa voix) et « Time for change » (Temps pour le changement) ont pour objectif d’amener les visiteurs « de l’histoire à l’action ». Le musée Hull-House de Jane Addams travaille avec des partenaires communautaires pour établir des liens entre l’histoire de Hull-House et les thématiques contemporaines. L’exposition s’adresse aux principales audiences du musée : le public général, les jeunes et les communautés d’immigrants. Les visiteurs seront invités à devenir des agents actifs du changement social, et seront encouragés à explorer différentes façons pour faire la différence.

Les étudiants « ouvrent leurs yeux » sur l’injustice et l’indifférence au Musée de la mémoire de Rosario (Argentine)

Alors que le Musée de la Mémoire de Rosario se prépare à ouvrir son nouveau bâtiment permanent, il est en train de mettre au point un programme innovant destiné à interpeller l’indifférence collective de Rosario aux abus des droits de l’homme. Depuis de nombreuses années, les organisations des droits de l’homme de Rosario réclament la création d’un lieu qui servirait à recueillir et protéger le souvenir de la plus récente dictature d’Argentine. Le Musée de la mémoire a accédé à cette demande et, avec le temps, est devenu une institution repère en ce qui concerne les questions de mémoire et des droits de l’homme. Le 1er mars 2010, après près de dix ans de difficultés et de retards, le musée a reçu les clés d’un ancien quartier général de l’armée utilisé pendant la dernière dictature argentine (1976-1983). Prévu pour ouvrir en décembre 2010, cet édifice historique deviendra le site permanent du Musée de la mémoire et inclura de nouvelles collections et de nouveaux programmes pour aborder l’histoire du terrorisme d’État argentin. Pour l’un des nouveaux programmes, soutenu par le Fonds de soutien aux projets de la Coalition internationale, le musée concevra de nouveaux matériaux et un atelier interactif afin d’encourager les étudiants de Rosario à réfléchir sur leur rôle dans la prévention d’une récurrence de ce qui s’est passé en Argentine. Le site historique jouera un rôle important dans ce projet intitulé « Ouvrir nos yeux ». En tant que symbole de la souffrance et souvenir omniprésent des conséquences de l’indifférence publique, cet espace historique sera utilisé pour engager une réflexion sur la responsabilité civique des étudiants de mettre fin à l’injustice et aux abus. Un livret, rempli de photographies historiques, de témoignages et de coupures de presse, servira de guide pour parcourir les différentes salles et expositions du musée. Après la visite du site, les étudiants participeront à un atelier où ils pourront partager leur expérience et discuter de la façon dont ils ont pu réfléchir à leur propre rôle dans les abus d’aujourd’hui. Les étudiants recevront une copie numérique du livret afin de les aider dans d’autres recherches et de les encourager à comprendre comment le fait de toujours « ouvrir nos yeux » sur l’injustice est un premier pas vers le changement social et politique.

“Talking About…Im/migration” (Parlons de l’im/migration) : La Chicago Cultural Alliance soutient les Musées ethniques en tant que centres de dialogue (États-Unis)

Dans une ville façonnée par une démographie multiethnique/d’immigrants, la Chicago Cultural Alliance (Alliance culturelle de Chicago) vise à encourager une meilleure compréhension de l’immigration en étendant sa série de dialogues “Talking About…Im/migration” actuelle. La Chicago Cultural Alliance (CCA) est un consortium de 26 musées, centres culturels et sociétés historiques ethniques locaux de Chicago, qui œuvre à susciter dans la population une prise de conscience de la diversité culturelle de la ville en présentant des perspectives des membres de la communauté à la première personne. Grâce au Fonds de soutien aux projets, “Talking About…Im/migration” sera à présent étendu afin d’offrir une formation plus complète aux huit musées participants d’origine, de fournir une formation pour faciliter un dialogue basic à trois nouveaux musées communautaires, et d’étendre les sessions de dialogue actuelles pour inclure des dialogues sur la communauté, des dialogues transculturels et des débats publics. Le nouveau programme s’appuiera sur The Hapa Project (du photographe Kip Fulbeck) pour engager la conversation. The Hapa Project est un projet artistique sur l’identité multiraciale, qui offre aux personnes multiraciales un forum pour répondre à la question « Qui êtes-vous ? » en utilisant leurs propres mots. Avec cette exposition, la CCA espère encourager les débats sur les origines et les ancêtres, et inciter de nouveaux membres des communautés ethniques participantes à partager leurs histoires sur l’immigration. Par ailleurs, “Talking About…Im/migration” se concentrera sur les implications et les circonstances plus larges de l’immigration, et reliera les questions d’immigration locale au débat national afin de renforcer la capacité des musées ethniques en tant que centres de dialogue sur l’immigration.

Paine Memorial to the Disappeared (mémorial aux disparus) collabore avec la Villa Grimaldi pour construire sa capacité en tant que Site de Conscience (Chili)

Le Paine Memorial to the Disappeared s’est associé avec La Corporacion Parque Por La Paz Villa Grimaldi pour renforcer sa capacité en tant que mémorial et centre culturel durable. En 1973, 70 personnes de Paine (un comté rural situé au sud de Santiago au Chili) ont disparu et/ou ont été exécutées. Selon un rapport de la commission officielle de la vérité du Chili, Paine a connu le taux de disparition le plus élevé par habitant de tous les villages chiliens pendant la dictature de Pinochet. Le Paine Memorial est une « forêt » de mille troncs d’arbres, moins 70, qui représentent la perte humaine. Chaque arbre manquant est remplacé par une mosaïque familiale, réalisée par les parents des victimes. Aujourd’hui, Paine connait de sérieux problèmes de développement et de préservation. Poursuivant le concept de “una memoria viva » (« une mémoire vivante »), Paine Memorial espérait construire un centre culturel et développer des projets pour promouvoir la conscience et la participation dans la communauté locale. Ces projets, cependant, ont été entravés par un manque de financement de la part du gouvernement. En conséquence, Paine Memorial collaborera étroitement, l’année prochaine, avec la Villa Grimaldi sur un projet complet d’augmentation de son autosuffisance. Villa Grimaldi, une Villa transformée en centre de torture et de détention pendant la dictature de Pinochet au Chili, suscite une prise de conscience sur la torture et la détention, et relie l’histoire du site aux préoccupations sociales urgentes d’aujourd’hui. Ce partenariat, soutenu par le Fonds de soutien aux projets, comprendra un échange de personnel qui permettra aux deux sites d’apprendre des expériences de l’autre en concevant, mettant en œuvre et soutenant leurs propriétés et programmes éducatifs. Grâce à cet échange, le Paine Memorial espère renforcer sa capacité organisationnelle et remplir sa mission pour promouvoir « una memoria viva » par le biais de plateformes éducatives et de programmes de diffusion.

Le Mémorial de Terezín Partage la Réalité du Totalitarisme avec les Jeunes d’Aujourd’hui. (République Tchèque)

Terezín Memorial partage les leçons tirées du totalitarisme avec les jeunes d’aujourd’hui en revenant sur un environnement familier : l’école. Un nouveau programme « Être élève dans le Protectorat de Bohème-Moravie » enseigne aux étudiants les expériences vécues par leurs homologues pendant l’occupation nazie dans ce qui était alors le protectorat de Bohème-Moravie, aujourd’hui la République tchèque.
Le mémorial de Terezín, ancien ghetto juif et station de transit vers les camps de la mort pendant l’Holocauste, ne commémore pas seulement les victimes de la persécution nazie, mais se sert aussi de l’histoire pour aborder la question de la réémergence de l’extrême droite, des groupes néo-nazis et nationalistes. En réponse à la montée alarmante des groupes néo-nazis en République tchèque aujourd’hui, le nouveau programme du mémorial de Terezín, soutenu par le Fonds de soutien aux projets de la Coalition, a pour but de permettre aux étudiants de se confronter aux messages racistes et antisémites actuels. Une visite de la petite forteresse de Terezín, ancienne prison de la Gestapo, informera les élèves des écoles sur la persécution des étudiants durant le régime nazi et sur l’impact du nazisme sur le système scolaire. Dans des ateliers, les étudiants analyseront, à l’aide de fiches techniques récemment créées, les efforts nazis pour contrôler les écoles et le système éducatif afin de comprendre comment les messages racistes et antisémites atteignent les jeunes d’aujourd’hui. Dans le cadre de ce programme, le mémorial de Terezín mettra également à disposition un espace en ligne élargi où les étudiants pourront compiler l’histoire de leur propre école, partager leur expérience du programme et discuter des problèmes de discrimination et de responsabilité personnelle de l’époque et d’aujourd’hui.

Les nouvelles expositions mobiles du Groupement des détenus des Philippines (Task Force Detainees of the Philippines – TFDP) inspirent les participants à “Se souvenir de notre passé – et travailler pour notre avenir” (Philippines)

En décembre 2009, la loi martiale a été déclarée aux Philippines pour la première fois depuis la dictature de Ferdinand Marcos (1972-1981). Dans ce contexte, le Groupement des détenus des Philippines (Task Force Detainees of the Philippines – TFDP) est en train de concevoir quatre nouvelles expositions itinérantes afin d’élargir les connaissances sur l’histoire de la loi martiale de Marcos. TFDP est une organisation humanitaire nationale qui se consacre à consigner les violations aux droits de l’homme, à mener un travail éducatif sur les droits de l’homme et à fournir une assistance juridique et matérielle aux victimes et à leur famille. En janvier 2009, TFDP a fait rouvrir le Musée du courage et de la résistance (Museum of Courage and Resistance) après l’avoir fait agrandir, pour y aborder les questions passées et présentes des droits de l’homme aux Philippines.
Tandis que de nouvelles menaces de répression s’élèvent, TFDP est en train de mettre au point des expositions mobiles pour amener l’histoire nationale à de nouveaux publics dans tout le pays. Avec l’aide du Fonds de soutien aux projets de la Coalition, les expositions mobiles intitulées « Souvenir de notre passé : répression et résistance – Travailler pour notre avenir : droits de l’homme et dignité pour tous ! » se rendront dans les écoles et les communautés des Philippines pendant une dizaine de mois. Les expositions sont articulées autour de quatre thèmes, chacun décrivant la victimisation de groupes spécifiques au cours de la dictature de Marcos : 1) les Negros Nine (en référence aux trois prêtres et six ouvriers laïques de l’île de Negros inculpés de plusieurs meurtres en 1983) ; 2) les femmes ; 3) les paysans ; et 4) les syndicats. Dans le cadre de ces expositions, TFDP animera des débats visant à faire le lien entre les abus du passé et les efforts actuels pour promouvoir une société philippine plus tolérante. Les participants, des étudiants aux membres de la société civile en passant par des fonctionnaires, seront encouragés à se porter volontaire et à prendre une part active dans la défense et la promotion des droits de l’homme dans leur communauté.

Diversity Challenges crée un espace sûr pour le dialogue avec “After Conflict Experiences” (Irlande du Nord)

Le nouveau programme de dialogue “After Conflict Experiences” (« Expériences post-conflit ») de Diversity Challenges vise à promouvoir la réconciliation et la compréhension commune du récent conflit en et concernant l’Irlande du Nord. Diversity Challenges est une organisation qui œuvre à assister culturellement des groupes spécifiques d’Irlande du Nord afin d’intégrer les considérations et les principes des relations communautaires dans tous les aspects de leur travail.
“After Conflict Experiences”, soutenu par le Fonds de soutien aux projets de la Coalition, réunira différents participants, y compris ceux qui ont servi pendant le conflit pour réfléchir et parler ouvertement les uns avec les autres, dans un espace sûr, de leurs expériences et perspectives différentes sur le conflit. Le programme a pour but de créer des relations entre les participants et de les mettre en contact avec les organisations communautaires locales qui soutiennent le travail et les objectifs de Diversity Challenges. Diversity Challenges étudiera également la façon dont les visites des sites de conflit peuvent faire partie d’un processus de guérison et de réconciliation et la façon de développer “After Conflict Experiences” en un programme complet qui améliore la compréhension et offre un soutien à ceux touchés par le conflit d’Irlande du Nord.

Healing Through Remembering (Irlande du Nord) échange des expériences avec la Maison de la Conférence de Wannsee (Berlin) afin de mettre au point une nouvelle exposition

À la suite du 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin, Healing Through Remembering (Guérir grâce au souvenir) se rendra à Berlin pour participer à un échange de personnel avec la Maison de la Conférence de Wannsee et visiter d’autres musées locaux dédiés à la mémoire des conflits. Healing Through Remembering (HTR) est un vaste projet pluricommunautaire regroupant de nombreux membres individuels ayant des perspectives politiques, sociales et religieuses différentes, s’étant réunis pour réfléchir ensemble à la manière de mieux faire face au passé relatif au conflit en et concernant l’Irlande du Nord. L’échange de personnel, soutenu par le Fonds de soutien aux projets de la Coalition, permettra à HTR d’apprendre de l’expérience de la Maison de la Conférence de Wannsee – où les dirigeants nazis en 1942 discutèrent de la déportation et du meurtre planifiés de tous les juifs européens – et d’étudier la manière dont les musées peuvent commémorer les histoires des conflits tout en promouvant la compréhension et le dialogue sur les questions qui les entourent. En conséquence de l’échange de personnel, HTR mettra au point une exposition sur « Les objets de tous les jours transformés par un conflit ». Cette exposition constituera une avancée dans la création d’un Musée Mémorial Vivant en Irlande du Nord, un musée qui reconnaît le conflit passé, considère sa relation avec le présent et offre un espace « pour imaginer un meilleur avenir ».

Núcleo Memoria crée un dialogue suivi avec le programme mensuel de la jeunesse au Memorial de la Resistencia (Brésil)

“Sabados Resistentes” (« Les samedis résistants »), est un programme de dialogue de Núcleo de Preservação da Memória Política (Núcleo Memoria) qui utilise des conférences, des pièces de théâtre et des documentaires pour amener les jeunes à débattre et discuter de l’histoire de la dictature au Brésil et de la façon dont elle est liée à des expériences actuelles. Ce programme a lieu au Memorial de Resistencia de Sao Paulo (Mémorial de la Résistance de Sao Paolo)- abrité dans l’ancien siège du Secrétariat d’État à l’ordre politique et social de Sao Paolo – et utilise l’histoire politiquement chargée du site pour ouvrir le dialogue sur des questions comme le terrorisme d’État et la torture. Soutenu par le Fonds de soutien aux projets de la Coalition, Núcleo Memoria va étendre ce programme, en organisant des “Sabados Resistentes” chaque mois jusqu’en juin 2010. Ce programme étendu invitera des experts internationaux et nationaux à partager leurs expériences, et offrira de nouveaux matériels pour enseigner aux jeunes la dictature brésilienne et son héritage contemporain.
Sabado Resistente I
Núcleo Memoria est un groupe de travail du Forum Permanente de ex presos y perseguidos políticos de Sao Paulo (Forum permanent d’anciens prisonniers et réfugiés politiques de Sao Paolo), une institution fondée pour défendre les intérêts d’anciens prisonniers politiques durant la dictature militaire du Brésil (1964-1985). Grâce aux efforts des droits de l’homme et de l’éducation, Núcleo Memoria vise à préserver la mémoire de la lutte du peuple contre le régime militaire illégal qui a duré 21 ans au Brésil

“Out of the Kitchen” renforce le dialogue au Lower East Side Tenement Museum (États-Unis)

Le The Lower East Side Tenement Museum va multiplier les occasions offertes aux visiteurs de participer à un dialogue ouvert en lançant “Out of the Kitchen” (« Hors de la cuisine »), une révision du célèbre programme de dialogue du musée : “Kitchen Conversations” (« Conversations autour de la table »). Par l’intermédiaire de visites des appartements restaurés de son « tènement » historique situé au 97 Orchard street (lieu de résidence de 7 000 personnes venant de 20 pays entre 1863 et 1935), le Lower East Side Tenement Museum invite les visiteurs à « rencontrer » ces familles qui vivaient là. Utilisant ces histoires humaines et individuelles comme point de départ, le musée a conçu “Kitchen Conversations”, un programme permettant aux visiteurs d’entamer une conversation ouverte sur les expériences et les questions de l’immigration contemporaine. Aujourd’hui, grâce au Fonds de soutien aux projets de la Coalition, le Lower East Side Tenement Museum va étendre le programme “Kitchen Conversations” afin d’encourager un dialogue ouvert par le biais d’une visite qui permettra aux participants de ressentir les émotions provoquées par le fait de se trouver dans les appartements du « tènement » et de faire le lien avec les expériences de l’immigration contemporaine.

Le Musée du génocide de Tuol Sleng lance son premier programme d’éducation et de sensibilisation (Cambodge)

Alors que le Cambodge tient ses procès historiques pour traduire en justice les architectes du génocide Khmer rouge, le Musée du génocide de Tuol Sleng est en train de lancer son premier programme d’éducation destiné aux élèves des établissements secondaires cambodgiens. Le Musée du génocide de Tuol Sleng est un ancien lycée qui a servi de prison au régime Khmer rouge dès son arrivée au pouvoir en 1975 et jusqu’à sa chute en 1979. Les bâtiments de Tuol Sleng ont été conservés tels qu’ils étaient lorsque les Khmer rouges ont été chassés en 1979. Le Musée commémore les millions de Cambodgiens qui ont été tués par les Khmer rouges, et vise à enseigner aux générations futures cette histoire en la reliant aux questions contemporaines des droits de l’homme, à la liberté démocratique et à la tolérance. Le nouveau programme d’éducation du Musée, soutenu par le Fonds de soutien aux projets de la Coalition, accueillera des élèves cambodgiens sur le site toutes les semaines pendant une période de dix mois, pour partager l’histoire du génocide Khmer rouge et engager les élèves dans des discussions sur son héritage dans la société cambodgienne d’aujourd’hui. Le programme cherche à apporter à la jeunesse cambodgienne des connaissances et des façons de réparer les atrocités passées et de promouvoir la paix et la compréhension pour l’avenir.

Conférence de la jeunesse Gandhi-King – Memphis, États-Unis

Situé dans le Lorraine Motel, lieu de l’assassinat de Martin Luther King, le Musée National des Droits Civiques (NCRM) retrace des épisodes clés de l’histoire du mouvement pour les droits civiques et l’héritage de ce mouvement pour encourager la participation aux initiatives de promotion des droits civiques et des droits de l’homme dans le monde, par l’intermédiaire de ses collections, expositions et programmes éducatifs. Pour plus d’informations, veuillez consulter www.civilrightsmuseum.org.

Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience aide le NCRM à organiser en octobre 2009 la Conférence de la jeunesse Gandhi-King et à garantir une forte participation en offrant des bourses aux jeunes de milieux défavorisés. Cette conférence réfléchit à la non-violence pratiquée par Gandhi et King à travers des activités artistiques, des ateliers interactifs et une allocution plénière dynamique. La Conférence de la jeunesse fournira aux participants un savoir durable sur les liens entre l’histoire du mouvement pour les droits civiques représentée dans le Musée et les luttes actuelles pour les droits de l’homme.

La Conférence de la jeunesse s’appuiera sur un partenariat entre une organisation de la jeunesse locale, BRIDGES, son programme local, PeaceJam, le Mid South Peace and Justice Center (Centre pour la paix et la justice du Sud moyen) et le Musée national des droits civiques. Ces trois organisations s’associent pour développer une série de programmes actifs toute l’année destinés à maintenir l’engagement de la jeunesse de Memphis dans des opportunités d’apprentissage et de formation à la non-violence de King.

Cartographier les Sites de mémoire au Pérou – Lima, Pérou

Movimiento Ciudadano Para Que No Se Repita (PQNSR) coordonne 38 groupes actifs (dans le domaine des droits de l’homme, de l’éducation, du développement et des medias) dans 25 régions du Pérou. Le PQNSR est réputé pour être le mouvement local le plus ambitieux du pays sur ces thèmes, ainsi que pour sa contribution efficace au processus de vérité, de justice et de réconciliation. Pour plus d’informations, veuillez consulter www.paraquenoserepita.org.pe/.

Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience aide le PQNSR à mettre en place un projet visant à identifier, répertorier et promouvoir les initiatives mémorielles au Pérou. Le projet vise à promouvoir un dialogue et une réflexion sur la mémoire en créant des opportunités pour la participation du public ; à encourager l’échange d’expériences entre organisations œuvrant à la préservation des sites de mémoire ; à contribuer à la transmission de la mémoire dans les zones les plus touchées pendant la guerre civile ; et à encourager le gouvernement à soutenir et à préserver les sites de mémoire dans tout le pays.

Pilorama 2009 – Forum pour l’art d’engagement civique – Perm, Russie

Le Musée du Goulag à Perm-36 est dédié à la promotion des valeurs démocratiques et de la conscience civique dans la société russe contemporaine à travers la préservation du dernier camp d’internement politique soviétique, à la fois comme rappel dramatique de la répression et comme monument historique et culturel important.

Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience aide le Musée du Goulag à Perm-36 à organiser un forum artistique et musical révolutionnaire unique en son genre, destiné à engager le public dans un dialogue sur le thème de « l’art et la responsabilité civique » en Russie. Le projet utilisera les impressionnants baraquements et miradors du Musée du Goulag à Perm-36 pour relier l’histoire de ce camp aux enjeux de la responsabilité civique dans la Russie actuelle. Le forum comprendra des représentations musicales, théâtrales et littéraires par des artistes nationaux et internationaux abordant les différents enjeux civiques contemporains. Le public dialoguera sur ces questions à plusieurs niveaux, depuis les discussions qui suivront les représentations à la création d’installations et autres activités de création artistique sur les thèmes de la démocratie et des droits de l’homme.

Visites guidées éducatives et atelier sur le dialogue citoyen : réflexions des jeunes sur la discrimination – Santiago, Chile

Créée en 1996, la Corporación Parque por la Paz Villa Grimaldi (Association Villa Grimaldi – Parc pour la paix) s’efforce de préserver la mémoire historique de la Villa Grimaldi et d’autres centres de détention et de torture, de promouvoir une culture des droits de l’homme, de développer des programmes et des activités pour atteindre ces objectifs et de gérer, conserver et promouvoir le Parque de la Paz (parc de la paix) pour le bénéfice de la communauté de Peñalolén. Pour plus d’informations, veuillez consulter www.villagrimaldicorp.cl

Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience aide la Corporacion Parque por la Paz Villa Grimaldi à offrir de nouvelles visites guidées éducatives intégrant des ateliers interactifs destinés à promouvoir la réflexion et la discussion sur des sujets liés à la promotion, la diffusion et la protection des droits de l’homme. Les ateliers s’adresseront à des lycéens et seront conçus pour susciter un débat sur les questions de discrimination, l’un des enjeux les plus pressants actuellement dans la société chilienne. Avec ce projet, la Corporacion Parque por la Paz Villa Grimaldi vise à renforcer sa collaboration avec les enseignants et les étudiants et à intégrer les programmes éducatifs de la Villa Grimaldi dans les programmes scolaires officiels.

Relier le passé, le présent et l’avenir pour encourager des communautés intégrées – Sophiatown, Afrique latine

Créé en 1999, le Centre Huddleston porte le nom d’un militant et vétéran de la lutte anti-apartheid, Trevor Huddleston. Le Centre tire son inspiration à la fois des expériences et des espoirs d’une « nouvelle » Afrique latine et de l’héritage de l’« ancienne » Sophiatown. La mission du Centre Huddleston est de faire de l’actuelle Sophiatown un lieu où la diversité et les valeurs humanitaires (une culture de l’humanité) peuvent être vécues de manière positive, où par des rencontres avec autrui, la compréhension et l’action, les valeurs sous-jacentes derrière la Constitution peuvent être renforcées.

Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience aide le Trevor Huddleston Centre à lancer un projet aux facettes multiples visant à permettre aux Sud-Africains de tous milieux sociaux et aux visiteurs du centre d’entamer un dialogue par le biais des histoires relatives au riche patrimoine de Sophiatown, d’encourager le développement de liens entre eux et de promouvoir l’action pour l’amélioration de l’intégration, de l’appréciation et de la tolérance des cultures et points de vue différents. Les participants à ce projet seront des étudiants (de 18 à 30 ans) de différents milieux, actuellement sans emploi, ayant été sélectionnés en raison de leurs qualités de meneurs à animer les ateliers, ainsi que des anciens ayant été les témoins directs de l’histoire de Sophiatown pendant les années 1950.

Dialogues sur l’harmonie et la tolérance interreligieuses – Jamalpur Gandhi Ashram, Bangladesh

Site historique marqué par un passé de résistance répétée à sa mission de perpétuation du mouvement de non-violence et de coopération de Mahatma Gandhi, le Jamalpur Gandhi Ashram (l’Ashram) incarne la longue lutte anticoloniale du Bangladesh au XXe siècle. En pleine période de renouveau, l’Ashram s’efforce actuellement, avec l’aide de membres de la communauté locale et de la communauté internationale, de transformer en réalité les idéaux de paix, de non-violence, de tolérance, d’égalité et d’humanité.

Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience aide le Jamalpur Gandhi Ashram à lancer un projet aux multiples facettes visant à sensibiliser à l’harmonie religieuse et ethnique, à la laïcité, au pluralisme, à la tolérance et aux droits de l’homme, à engager les participants dans des dialogues sur ces thèmes et à promouvoir la coexistence pacifique entre les différentes communautés religieuses et les différents groupes ethniques du Bangladesh. Des dirigeants des différents groupes religieux et ethniques, des leaders locaux des zones rurales et urbaines, des enseignants et des élèves, des journalistes, des militants culturels, des militants des droits civiques, des avocats, des représentants du peuple et des activistes du développement participeront aux activités variées de ce projet.

Répondre aux caricatures et aux stéréotypes sur l’immigration – San Diego, États-Unis

Ouvert au public depuis le 20 juin 2008, le New Americans Museum est situé dans le Naval Training Center (NTC) historique de San Diego. Le NTC a fermé ses portes en 1997 après avoir servi pendant 70 ans de base militaire. Il sert actuellement de centre culturel et commercial municipal. Dans cet espace historique, le New Americans Museum propose des programmes et des activités éducatifs et culturels stimulants autour des expériences variées des immigrants à San Diego, et vise à jouer le rôle de catalyseur pour célébrer le passé des États-Unis et la promesse que le pays continue d’incarner.
Situé à la frontière entre les États-Unis et le Mexique et au cœur d’une zone métropolitaine binationale, San Diego a accueilli au cours de ces dernières années certains groupes d’opposition à l’immigration parmi les plus virulents des États-Unis, et constitue un exemple de la vague de propagande anti-immigrés qui traverse le pays.
Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience soutient le New Americans Museum dans ses efforts pour développer et mettre en place un programme de dialogue qui engage des lycéens dans des conversations sur les enjeux de l’immigration dans leur communauté. Avec ce programme, le New Americans Museum espère répondre aux conceptions erronées de l’immigration et contrer les stéréotypes négatifs et la propagande anti-immigrée que l’on rencontre à San Diego.
Le projet consistera à inviter entre quatre et huit classes de lycéens (de la 3ème à la terminale) à visiter deux expositions simultanées, « Immigration et Caricature : images ethniques tirées de la collection Appel » et « Une communauté entre deux mondes : les Arabo-américains de la région de Détroit ». Après la visite de ces expositions, les élèves discuteront des images et des caricatures anciennes des immigrants et réfléchiront à leurs propres préjugés et stéréotypes sur les immigrés actuels. En collaboration avec des écoles connues pour accueillir des élèves d’origines très diverses, le programme s’adressera à différents groupes ethniques et raciaux pour bâtir un dialogue qui transcende les différences et pour fournir aux participants une vision plus complète de l’immigration à San Diego, influencée par les expériences et les rencontres respectives des participants.

Pour une histoire complète des expériences de l’immigration passées et contemporaines – Chicago, États-Unis

La Chicago Cultural Alliance (CCA) est un consortium de 25 musées, centres culturels et sociétés historiques ethniques locaux de Chicago, États-Unis. CCA cherche à susciter, en présentant les perspectives à la première personne des membres de la communauté locale, une évolution de la société et une meilleure compréhension de la diversité culturelle. En développant les partenariats existant entre les organisations membres et de grandes institutions, la CCA renforce la visibilité et l’impact des atouts ethniques de Chicago.
Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience soutient le programme pilote de la CCA visant à mettre en place des dialogues sur l’immigration dans quatre musées et centres culturels ethniques locaux de la région de Chicago : le Cambodian American Heritage Museum & Killing Fields Memorial (CAHM), le Polish Museum of America (PMA), le Swedish American Museum Center (SAMAC), et la Chicago Japanese American Historical Society (CJAHS).

Au cours de ce programme pilote, chaque institution recevra une formation sur l’animation de dialogues, puis réunira des membres de la communauté locale ayant des expériences anciennes et contemporaines de l’immigration et différentes perspectives sur celle-ci. Grâce à ces séances de dialogue communautaire, la CCA espère apprendre comment mieux engager le dialogue avec le public. Elle intègrera les leçons tirées de cette expérience dans des méthodologies pratiques et dans l’élaboration de nouveaux formats pour des dialogues productifs. La nouvelle conception des dialogues qui en résultera sera mise en application dans les quatre institutions participantes et servira de modèle à toutes les organisations membres de la CCA.
Enfin, le programme pilote mènera à l’établissement de dialogues dans l’ensemble des institutions membres de la CCA, en vue de susciter une compréhension plus complète des multiples vagues d’immigration et de comparer les expériences des immigrants d’hier aux problèmes que rencontrent les immigrants à Chicago aujourd’hui.

Engager le processus de réconciliation, de pardon et de coexistence pacifique – Freetown, Sierra Leone

Créée en 1996, Campaign for Good Governance (CGG) est l’une des plus anciennes organisations non gouvernementales locales de Sierra Leone. Par son travail de défense des intérêts des citoyens, de renforcement de leurs capacités et d’éducation civique, CGG vise à accroître la participation des citoyens dans la gouvernance afin de construire un État plus démocratique doté d’une population civile bien informée.
Le Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience finance le programme d’action aux multiples facettes de CGG dont le but est d’engager des Sierra-Léonais de milieux politiques, sociaux et culturels différents dans un dialogue constructif sur la paix, le pardon, la réconciliation et les questions de clivages régionaux. La réconciliation reste un défi en Sierra Leone. Neuf ans de guerre civile ont causé des dizaines de milliers de morts et forcé le déplacement de plus de 2 millions de Sierra-Léonais. Les problèmes derrière le déclenchement du conflit en 1991, tels que la discrimination, la marginalisation et les tensions régionales, persistent encore aujourd’hui dans la société. Partie intégrante d’un vaste effort national visant à consolider la paix, renforcer la démocratie et soutenir la réconciliation des Sierra-Léonais, le programme de CGG cherche à assurer le suivi des recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation sur les réparations symboliques et à promouvoir la réconciliation et une existence pacifique par un dialogue constructif s’appuyant sur la force des sites de mémoire.
CGG réunira des organisations de la société civile et différents acteurs gouvernementaux dans un atelier d’une journée pour discuter du rôle des Sites de conscience en Sierra Leone post-conflit et élaborer une stratégie sur ce point. CGG organisera ensuite un dialogue de deux jours avec la communauté locale autour des questions de réconciliation et de pardon sur le site d’un charnier situé dans la ville de Gdendembu. Les participants visiteront également l’ancien bâtiment du Fourah Bay College – la plus ancienne institution d’Afrique de l’Ouest – pour examiner l’importance de ce site dans le climat socio-économique et politique actuel et pour échanger des stratégies sur la préservation, le développement et l’interprétation de ce site. Des dialogues organisés sur les deux sites illustreront la manière dont les lieux de mémoire peuvent servir de lieux pour panser les plaies, réconcilier les populations et renforcer la démocratie.

Film documentaire « Memoria Barrial » (mémoire du quartier) – Mendoza, Argentine

“La Casa por la Memoria y la Cultura Popular” (Bibliothèque publique « Maison de la mémoire et culture populaire ») élabore des supports éducatifs, en particulier sur les récentes dictatures militaires, et s’en sert comme bases pour les dialogues qu’elle organise avec des élèves d’âges différents dans des écoles et des centres communautaires.

« Memoria Barrial » sera un documentaire sur l’expérience locale du terrorisme d’État. Jusqu’à aujourd’hui, La Casa por la Memoria y la Cultura Popular a dû faire appel à de la documentation sur le développement et le fonctionnement des dictatures à Buenos Aires ou au niveau provincial ou national, alors même qu’un grand nombre des personnes impliquées dans l’activisme de cette époque continue de vivre dans les mêmes maisons de leur quartier. Cela a permis à la communauté locale de définir le terrorisme d’État comme quelque chose venu de l’extérieur, qui ne les impliquait pas ; cela signifie également que les expériences uniques des populations locales n’ont pas été rendues publiques et que ces personnes n’ont pas été impliquées dans les processus de mémoire et de confrontation avec leurs propres expériences.

Le documentaire présentera les histoires de cinq membres du groupe militant Jeunesse péroniste, aux côtés des témoignages d’habitants de Mendoza. Pour aider les communautés locales à comprendre comment le terrorisme d’État est apparu et s’est développé à Mendoza, le documentaire vise à reconstituer la vie et la mort d’Hector « Flaco » Pringles, dirigeant local de la Jeunesse péroniste tué par les paramilitaires en novembre 1975 ; à reconstruire la vie et l’esprit du militantisme populaire et jeune local de cette époque ; et à réfléchir aux actions des groupes paramilitaires et à leur relation avec l’État.

Ce documentaire servira de point de départ à des dialogues sur les héritages locaux de la dictature et sur la manière d’y faire face, grâce au cours dispensé actuellement par La Casa por la Memoria y la Cultura Popular, « Faire l’histoire : identité et mémoire », qu’elle utilise dans des ateliers avec des groupes de langue quechua et mapuche, avec des jeunes dits « à risque » et dans des écoles et des centres communautaires.

Comment les Sites de conscience peuvent-ils aider à reconstruire la démocratie après un conflit ? – Dialogues communautaires – Monrovia, Libéria

Civic Initiative (CI) est une organisation de la société civile libérienne dont les deux champs d’action pour promouvoir la démocratie et l’état de droit sont la justice transitionnelle (JT) et la réforme du secteur de la sécurité (SSR).

L’année dernière, Civic Initiative a invité la Coalition à organiser une série d’ateliers, des rencontres individuelles, des formations des médias et des dialogues publics pionniers pour identifier la manière dont les lieux de mémoire pourraient servir de nouveaux espaces permettant aux Libériens de réfléchir aux héritages des récents conflits de leur pays. Les participants ont souligné qu’il était nécessaire que les espaces communautaires soutiennent et développent l’action menée actuellement par la Commission Vérité et Réconciliation afin de permettre à un plus grand nombre de personnes, sur une période de temps plus longue, de confronter le passé et de dialoguer sur la manière d’aller de l’avant. En conséquence, CI a formé le groupe Ressource mémorielle au sein de la Commission consultative de la société civile auprès de la Commission Vérité et Réconciliation et a identifié trois sites pouvant être transformés en Sites de conscience.

La Commission Vérité et Réconciliation a commencé à rédiger ses recommandations, ce qui devrait être achevé en 2009. Avec l’aide du Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience, CI organise, de novembre 2008 à février 2009, une série de dialogues dans des communautés urbaines et rurales de tout le pays pour identifier les sites que les populations aimeraient voir remémorer dans leurs communautés locales, les types de dialogues et d’activités qu’elles souhaiteraient voir sur ces sites pour aider les communautés à avancer et à bâtir des cultures durables de la paix après le conflit, et le soutien dont elles ont besoin pour mettre ces programmes en place. Ces conversations seront développées pour prendre la forme de recommandations concrètes qui seront remises à la Commission Vérité et Réconciliation. Avec le soutien de la Coalition, CI cherche à organiser une conférence réunissant l’ensemble des membres de la communauté qui ont été consultés au cours du processus de dialogue, les Commissaires Vérité, des journalistes et d’autres acteurs pour présenter officiellement ces recommandations et les faire adopter par la Commission Vérité et Réconciliation.

« Mémoire sur les ondes » : Discussion radiophonique sur les Sites de conscience et leurs enjeux contemporains – Marzabatto, Italie

L’École de la paix de Monte Sole œuvre à préserver la mémoire de l’un des plus gros massacres perpétrés par les nazis et les fascistes en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale. Sur le site où 770 personnes ont été tuées par les troupes SS nazies, elle organise des programmes éducatifs et des camps estivaux pour jeunes, destinés à étudier le contexte qui a permis la mise en place de ce système de la terreur à Monte Sole et ailleurs. En engageant les jeunes dans un dialogue et en promouvant la transformation non-violente des conflits, le respect des droits de l’homme et la coexistence pacifique entre les peuples et les cultures différents, l’École de la paix de Monte Sole ouvre une nouvelle perspective et un engagement différent au service du développement du projet de constitution européenne.

Avec l’aide du Fonds de soutien aux projets des Sites de conscience, en novembre 2008, Monte Sole a lancé une nouvelle série intitulée « Mémoire sur les ondes » dans le cadre d’une émission radiophonique interactive populaire chez les jeunes. Cette série comprend des entretiens avec des membres et des administrateurs de la Coalition racontant les histoires des Sites de conscience dans le monde et soulevant différentes questions sur les implications de leurs histoires pour les enjeux auxquels les jeunes Italiens sont confrontés aujourd’hui. Cette série comprend une douzaine d’épisodes d’une heure, chacun centré sur l’histoire d’un site et d’un enjeu contemporain différents. Après un entretien avec le directeur du site sur l’histoire de ce dernier et les questions contemporaines qu’il soulève, l’invité de l’émission de radio invite les jeunes à téléphoner ou à envoyer des commentaires par SMS sur ces questions, ou à poser des questions supplémentaires de leur choix. Les sites qui ont déjà fait l’objet d’une émission sont, entre autres, le Musée du Goulag à Perm-36 en Russie, Corporación Parque por la Paz Villa Grimaldi au Chili et le Japanese American National Museum Museum à Los Angeles. Écoutez l’émission (en italien uniquement) en cliquant ici : a href=”http://www.montesole.org/memory.html” target=”new”>http://www.montesole.org/memory.html.

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