Activités Régionaux

Exploiter le Patrimoine de l’Holocauste pour Combattre la Xénophobie Aujourd’hui : L’Ecole de la Paix de Monte Sole (Italie)

« Grâce à Monte Sole, je suis plus ouvert aux autres, je dis ce que je pense, j’apprécie plus l’amitié et la solidarité avec d’autres personnes et je rejette toutes formes de préjugés… Je me souviens de cette expérience comme un encouragement important de faire de mon mieux dans tout ce que j’entreprends et de toujours être informé de l’actualité »

– Etudiant ayant visité l’Ecole de la Paix de Monte Sole

Plus tôt cette année, une étude menée par l’Institut Recherche SWG (SWG research institute ) et présentée au Parlement Italien a révélé que près de la moitié des Italiens âgés de 18 à 25 ans expriment des degrés divers de sentiments xénophobes ou racistes. La Fondation de l’Ecole de la Paix de Monte Sole aborde ces questions de front, avec des programmes pour les jeunes, sur son site historique dans le Nord de l’Italie.

Les programmes de Sites de Conscience à Monte Sole se concentrent sur l’éducation aux Droits de l’Homme, les résolutions de conflits et l’analyse de la propagande. Les étudiants sont mis au défi de penser de façon critique les raisons de la violence, les circonstances dans lesquelles les gens pourraient y être poussées, et comment éviter ce type de comportement.

« Avant d’enseigner ici, j’ai enseigné dans une école avec beaucoup de conflits moraux dus à la forte présence de diversité culturelle dans les classes : c’est pourquoi nous avons décidé que la visite de Monte Sole devait être constamment incluse au programme. Les sujets qui y sont abordés sont très contemporains et l’autre point fort est le lieu… ces lieux parlent d’eux-mêmes ».

– Professeur ayant visité l’Ecole de la Paix de Monte Sole.

Une étude des programmes pour les jeunes des Sites de Conscience du monde entier a récemment été publiée dans le Journal International de la Justice Transitionnelle (International Journal of Transitional Justice). Elle rend compte de l’impact que ces programmes ont sur les participants, et qu’ils aident les jeunes à changer leurs opinions, à les sensibiliser aux questions traitées sur les sites, à améliorer les relations entre étudiants, à renforcer l’engagement civique, et à accroître la compréhension des émotions sur les conséquences humaines de l’atrocité.

« Où sont les Enfants ? » présente les histoires des Pensionnats Indiens au Canada et aux Etats-Unis.

De la fin du 19ème siècle jusqu’à la première moitié du 20ème siècle, des milliers d’enfants amérindiens aux Etats-Unis et au Canada étaient envoyés de force à vivre dans des pensionnats spécialement conçus pour les assimiler. Les expériences des étudiants ont été diverses, incarner la perte de culture et la victimisation pour les uns, la persistance culturelle et le succès pour les autres.

Au cours des derniers mois, la Commission de Vérité et Réconciliation a parcouru le pays pour recueillir documents et témoignages sur les expériences de pensionnats. Tandis que le Canada prend des mesures importantes pour faire face à son passé, l’histoire des pensionnats aux Etats Unis reste la plupart du temps invisible.

Le Projet de Coalition Internationale des Pensionnats Indiens (Indian Boarding and Residential Schools Project,  ), la Fondation Héritage de l’Espoir d’Ottawa (Legacy of Hope Foundation – LHF) et les anciens pensionnats, unissent leurs forces pour faire la lumière sur les expériences vécues des deux côtés de la frontière. Ensemble, ils conçoivent une version itinérante de « Où sont les Enfants ? » via l’exposition de photographies populaires de LHF dépeignant l’histoire de milliers d’enfants autochtones du Canada, envoyés de force dans les pensionnats. Voyageant vers les sites de pensionnats au travers des Etats Unis et du Canada, l’exposition invitera les membres de la communauté à partager des histoires et des images de leurs propres expériences.

ATELIER REGIONAL DES SITES DE CONSCIENCE ASIATIQUES

L’atelier régional des Sites de Conscience asiatiques (Asian Regional Sites of Conscience ), ayant eu lieu du 17 au 18 Juillet 2010, a réuni des représentants de 12 sites venus de neuf pays pour une séance dynamique de deux jours à Dhaka, Bangladesh.

Les thèmes de l’atelier de cette année traitaient des meilleures pratiques existantes pour la collecte et la partage de souvenirs historique, des techniques pour surmonter les obstacles lors de l’établissement et du développement de nouveaux musées dans les pays asiatiques, et du développement de moyens pour faciliter l’échange de méthodologie sur les programmes entre les membres de la région.

Les participants ont discuté d’un éventail impressionnant de programmes : les représentants des sites du Cambodge, de Corée du Sud, de la Chine, du Pakistan, du Népal, de l’Inde, des Philippines, de Thaïlande et du Bangladesh ont soulignés les programmes les plus efficaces, dont les camps de jeunes et les programmes d’éducation aux droits de l’homme, le programme de musée mobile, les projets d’histoire orale, et les programmes d’intégration des arts.

La participation a été extraordinairement diversifiée, des sites établis de longue date comme le Musée de la Guerre de Libération au Bangladesh, à de plus petites initiatives comme la Non-violence Internationale dans le sud thaïlandais.

Libériens « TEMOIGNER- SE SOUVENIR- CREER », l’Histoire à travers l’Art et Ateliers de Mémoire.

Hier, le processus au travers duquel nous sommes passés a servi de réveil émotionnel puisque j’ai été capable de réfléchir au chemin de la guérison dans ma vie et dans celle du Libéria en tant que nation.

– Francis Greaves, participant libérien dans le corps de l’atelier cartographique méditant les expériences du passé.

En avril 2010, l’Initiative Civique du Libéria et le Centre Médiatique Libérien, conjointement avec la Coalition Internationale et le Centre Médiatique des Droits de l’Homme (S.Africa) ont lancé « TEMOIGNER – SE SOUVENIR – CREER », une initiative pionnière pour collecter les histoires personnelles et publiques des récents conflits du Libéria.

Le programme a débuté par une version itinérante de Briser le Silence : Une Lutte Continuelle, exposition d’œuvres d’art primée, crée par les survivants de l’apartheid.  L’exposition illustre l’oppression des noirs d’Afrique du Sud, leur combat pour la justice, et enfin, leur transition vers une « nouvelle » Afrique du Sud, où ils continuent de faire face à de nouveaux défis.

Dans le contexte de cette exposition, les veuves et les amputés de la guerre du Libéria, ainsi que ceux qui étaient enfants (âgés de 1 à 5 ans) au moment du conflit, se sont réunis pour créer un enregistrement visuel public de leurs histoires. Les participants ont utilisés des images grandeur nature de corps humains pour illustrer leurs douloureux témoignages et de réfléchir à comment ils se voient, une technique appelée « cartographie corporelle ».

Grâce à ce processus, ils ont commencé la commémoration de 14 ans de guerre civile.

Ces cartographies corporelles ont été ajoutés à l’exposition Briser le Silence, dans une section intitulée Briser le Silence : l’Histoire Libérienne Commence.

Le projet a été salué par d’anciens Commissionnaires de la Vérité et part les médias, comme une première étape cruciale dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission de Vérité et Réconciliation (Truth and Reconciliation Commission’s ) pour le devoir de mémoire.

Tel que Jonathan Paye-Layleh, un journaliste de la BBC, a déclaré : «… si ce qui a commencé comme une exposition sur le campus de l’Université du Libéria est nationalisé, les recommandations clefs du rapport TRC trouveront certainement réponse » (Pour écouter le rapport complet, cliquez ici.)

S’inspirant de ce succès, les groupes de la société civile en Sierra Léone et au Kenya sont en train de d’élaborer des projets à l’aide de cartographies corporelles comme un moyen d’engager les gens dans le dialogue et le partage, dans le but de créer des souvenirs publics des douloureux chapitres de l’histoire.

Regards sur « Les Sites de Conscience Environnementaux »

En Mars 2010, les sites comprenant EcoPeace/ Amis de la Terre du Moyen Orient (EcoPeace/ Friends of the Earth Middle East [FoEME]) et le Complex-Mémorial de la Tragédie du Gaz de Bhopal (Bhopal Gas Tragedy Memorial Complex) ont exploré le concept des « Sites de Conscience Environnementaux » lors des réunions conjointes du Conseil National de l’Histoire Publique (National Council of Public History) et de la Société Américaine de l’Histoire Environnemental (American Society of Environmental History).

Animé par les représentants de la Coalition et du Service des Parcs Nationaux Américains, le groupe de travail des directeurs de sites, des experts en éducation environnementale, et des historiens de l’environnement ont engagé une discussion préliminaire sur le rôle que les sites historiques peuvent jouer en questionnant l’influence positive et négative de l’Homme sur l’environnement.

Le groupe s’est instruit des programmes mis en place à Tchernobyl en Ukraine (Chernobyl), site de la catastrophe nucléaire, et du Parc Historique National Marsh-Billings Rockefeller (Marsh-Billings Rockefeller National Historic Park) dans le Vermont, qui se souvient de la découverte de George Marsh sur les effets de la déforestation.

La Coalition Internationale Etablit des Liens avec les Activistes de la Mémoire au Maroc (2009)

«Comment peut sites de détention deviennent des espaces pour la guérison, l’engagement civique et le développement économique?” Ce fut un élément central de la Octobre 17 2009 atelier “La Préservation de la mémoire: un levier pour le développement territorial» à Rabat, au Maroc, où la Coalition Internationale partagée les expériences des Sites de Conscience avec des groupes Marocains qui travaillent sur la mémorialisation.

Organisé par Le Centre International de la Justice Transitionelle, le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, l’Etat Marocain officiel institution des droits de l’homme et l’Institut National d’Aménagement at d’Urbanisme, l’atelier a rassemblé des ONG, des universitaires, des architectes et des groupes de victimes comme le Groupe Bnouhachem. Détenu à Agdz, un fort dans le sud du Maroc qui a été utilisé comme centre de détention jusqu’en 1982, le groupe a présenté un modèle pour l’élaboration Agdz, qui a inspiré riche débat sur la manière de développer des sites de mémoire avec la participation des différents enjeux de nombreux titulaires de y compris les groupes de victimes, des organismes étatiques, les collectivités locales et les ONG.

La Coalition Internationale partagé des exemples de comment les Sites de Conscience dans différents contextes et de différentes parties du monde développé grâce aux efforts des différents acteurs au fil du temps, en soulignant que le processus de récupération de sites de mémoire est intrinsèquement controversée, mais les Sites de Conscience reconnaissent ce défi et du travail de créer un espace où les gens peuvent s’attaquer à des questions difficiles – du passé et que de nouvelles surgissent.
La conversation a stimulé de nouveaux apprentissages entre les activistes de la mémoire du Maroc et le mouvement du Sites de Conscience, et offert des possibilités futures de collaboration.

Atelier des Sites de conscience en Amérique latine – Buenos Aires, Argentine (mai 2009)

Du 18 au 20 mai 2009, Memoria Abierta a accueilli le troisième atelier régional des Sites de conscience en Amérique latine à Buenos Aires, en Argentine. Des membres des sites de conscience sud-américains d’Argentine, du Brésil, du Chili, du Paraguay et d’Uruguay ont collaboré pour identifier des pratiques communes dans leur travail sur la mémoire, les droits de l’homme et la démocratie, basées sur la mémoire des dictatures d’État dans plusieurs pays latino-américains.

Cet atelier a donné aux participants l’occasion de discuter des défis qu’ils rencontrent actuellement et de travailler ensemble à la définition de stratégies concrètes et de programmes éducatifs pour relier le passé au présent. S’appuyant sur le riche passé d’engagement civique et sur le militantisme actuel en faveur des droits de l’homme dans chaque pays, les institutions participantes ont échangé leurs modèles de participation civique et identifié des pratiques pouvant être adaptées aux différentes réalités politiques rencontrées dans leurs contextes nationaux actuels.

Atelier régional des Sites de conscience d’Asie – Gwangju, Corée (mai 2009)

Du 15 au 18 mai 2009, le Musée de la Guerre de Libération a accueilli en Corée le quatrième atelier régional des Sites de conscience en Asie. Cet atelier s’est tenu au siège de la May 18 Foundation, qui rend hommage aux victimes du massacre de Gwandju, Corée, du 18 mai 1980, date à laquelle la répression militaire brutale d’un soulèvement démocratique des habitants a tué environ 165 personnes, tandis que 65 autres étaient portées disparues et supposées mortes.

L’atelier a été organisé en conjonction avec l’International Peace Forum organisé chaque année par la May 18 Foundation pour renforcer la solidarité internationale entre les militants du pays et leurs homologues étrangers œuvrant pour la démocratie, les droits de l’homme et la paix. Des membres du réseau des Sites de conscience en Asie venant du Bangladesh, du Cambodge, d’Inde, d’Irak, de Myanmar (Birmanie), du Népal, du Pakistan, des Philippines et de Thaïlande ont participé à l’atelier où ils ont pu échanger des idées de programmes à développer par leurs institutions pour renforcer la participation civique aux efforts de renforcement du pluralisme et de la tolérance religieux.

Atelier des Sites de conscience en Europe – Wannsee, Allemagne (mai 2009)

En cette période d’inquiétude croissante en Europe face à l’exclusion sociale, aux migrations, à la xénophobie et à la discrimination, les sites de mémoire ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de la tolérance et d’un dialogue public sur la signification et la pratique de la citoyenneté, des droits de l’homme et de la réconciliation.

Forte de ce constat, la Coalition internationale a organisé du 14 au 17 mai 2009, en partenariat avec la House of the Wannsee Conference, le premier atelier des Sites de conscience en Europe visant à développer une collaboration de long terme ente les sites de mémoire européens désireux de travailler ensemble en utilisant les histoires de leurs sites pour engager activement le public sur les enjeux contemporains.

Des sites et des musées historiques d’une grande variété de pays d’Europe, tels que l’Allemagne, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande du Nord, l’Italie, la Norvège et la République tchèque, ont participé à cet atelier, mettant l’accent sur le développement des programmes existants ou le développement de nouveaux programmes. L’atelier a été l’occasion pour les participants d’observer et de participer à des programmes éducatifs modèles de différents sites, de discuter des défis qui se posent actuellement pour les droits de l’homme dans la communauté locale de chaque site et d’élaborer des programmes individuels et communs utilisant l’histoire de chaque site pour renforcer le nouvel engagement civique sur ces défis.

Atelier des Sites de conscience des pensionnats et des écoles résidentielles – Lawrence, Kansas, États-Unis (octobre 2008)

Du 31 octobre au 2 novembre, la Coalition internationale des Sites de conscience a réuni 19 survivants américains et canadiens, des activistes locaux, des historiens et des représentants des musées sites de conscience à Haskell Indian Nations University, un ancien pensionnat situé à Lawrence, Kansas, pour le premier atelier des Sites de conscience des pensionnats et écoles résidentielles indiens. Le groupe s’est réuni pour réfléchir ensemble à la manière dont ces écoles/sites de conscience peuvent devenir de nouveaux centres capables d’aider les communautés à faire face au passé douloureux de ces pensionnats et pour discuter de leurs différentes conséquences actuelles – de la consommation d’alcool ou de drogues ou encore de la violence domestique à la création d’organisations amérindiennes trans-tribales nationales.

Les participants ont examiné comment les communautés pouvaient préserver leurs sites ; comment ces sites pouvaient contribuer à d’autres efforts de communautés pour panser leurs plaies et comment les communautés pouvaient être soutenues dans leur travail. L’atelier a donné lieu à l’élaboration d’une liste de projets de collaboration pilotes, y compris une exposition itinérante pouvant se rendre dans ces anciennes écoles aux États-Unis et au Canada et inviter chaque communauté d’accueil à ajouter des photographies et des témoignages et à entamer une nouvelle conversation sur les conséquences actuelles de ces pensionnats.

Atelier des Sites de conscience sur l’immigration – New York, Chicago et San Francisco, États-Unis (août-octobre 2008)

Du 8 au 13 août 2008, la Coalition Internationale des Sites de Conscience a accueilli les dirigeants de plusieurs musées des États-Unis et de Belgique au Pocantico Conference Center of the Rockefeller Brothers Fund à New York pour lancer le nouveau Réseau des Sites de conscience sur l’immigration de la Coalition. Les participants ont représenté 14 musées et sites historiques œuvrant à promouvoir la mémoire de différentes histoires d’immigration dans différents contextes locaux, déterminés à lancer de nouvelles conversations publiques sur le débat sur l’immigration en cours aux États-Unis et en Europe. Au cours de ce séminaire d’une semaine, les musées participants, de San Diego à Charlotte, accueillant un total de 4,5 millions de visiteurs chaque année, ont chacun élaboré un programme utilisant l’histoire de l’immigration de leur communauté pour offrir une nouvelle perspective sur un conflit ou une cause de tension clé liée à l’immigration, avec pour résultat la création de 14 nouveaux dialogues publics et espaces pour l’action dans 14 communautés locales réparties sur l’ensemble du territoire des États-Unis et en Belgique.

Le groupe s’est engagé à collaborer à l’utilisation de perspectives et d’héritages historiques pour ouvrir de nouveaux centres consacrés à l’éducation et au dialogue sur les enjeux actuels de l’immigration en vue de : stimuler le dialogue local et national en cours sur l’immigration et ses enjeux connexes ; promouvoir les valeurs humanitaires et démocratiques ; et traiter tous les publics comme des acteurs du dialogue sur l’immigration. Les participants ont également défini des manières spécifiques de collaboration pour s’aider mutuellement à réussir individuellement et à donner naissance à un nouveau dialogue national sur l’immigration.

Le séminaire a été suivi par deux formations régionales destinées au personnel des musées en contact avec le public, organisées à la Jane Addams Hull-House à Chicago et à l’Angel Island Immigration Station à San Francisco, afin de développer leurs compétences à la mise en œuvre des programmes conçus lors du séminaire. Les participants ont testé les programmes de dialogue public pilotes des sites hôtes, se sont entraînés à l’animation de dialogues et ont échangé des commentaires sur la conception de leurs propres programmes. Les programmes devraient voir le jour sur les sites courant 2009.

Atelier des Sites de conscience en Afrique – Johannesburg, Afrique latine (août 2008)

Le réseau des Sites de conscience en Afrique, qui met l’accent sur « L’utilisation des histoires d’action citoyenne pour développer des démocraties postcoloniales et post-conflit », s’est réuni du 12 au 14 août 2008 à Constitution Hill, à Johannesburg, en Afrique latine. La réunion a rassemblé 16 délégués d’Afrique latine, d’Angola, de Sierra Léone, du Libéria et du Sénégal autour du thème « Promouvoir la citoyenneté et les droits de l’homme par le biais des Sites de conscience ». Ce thème était d’autant plus pertinent que la réunion s’est tenue au moment de la commémoration par l’Afrique latine de la Journée nationale de la femme et à une période où ce pays est particulièrement préoccupé par les questions de citoyenneté après la vague récente d’attaques xénophobes contre des immigrés.

L’atelier avait été conçu pour présenter aux participants des programmes modèles ayant utilisé des lieux commémorant la lutte contre l’apartheid pour inspirer une citoyenneté active de défense des droits de l’homme aujourd’hui. Par exemple, les participants ont observé des programmes éducatifs menés à Constitution Hill sur le rôle historique des femmes dans la lutte pour la liberté en Afrique latine, ainsi que sur les progrès accomplis par les femmes et sur les défis auxquels elles sont confrontées aujourd’hui en tant que citoyens. Le programme a inclus des discussions avec des écolières, dans leurs établissements scolaires, sur ces questions et sur la manière dont elles s’appliquaient spécifiquement à la constitution sud-africaine, ainsi que sur certaines réalités vécues par les femmes dans une jeune démocratie. Les participants ont également observé un programme au Musée Hector Pietersen à Soweto qui marque la révolte de la jeunesse en 1976 contre le système éducatif d’apartheid. Dans le cadre de cette visite, un groupe de jeunes a présenté des clips extraits d’un documentaire qu’ils ont réalisé sur les récentes attaques xénophobes.

En s’inspirant de ces programmes, les participants ont développé des cadres pour mettre en place des programmes de dialogue sur leurs propres sites, en choisissant de mettre l’accent sur deux thèmes cruciaux pour la région : l’esclavage et la construction de la démocratie post-conflit.

Atelier des Sites de conscience en Asie – Phnom Penh, Cambodge (août 2008)

Du 25 au 27 août 2008, le Liberation War Museum, coordinateur régional des Sites de conscience en Asie, en collaboration avec le Tuol Sleng Genocide Museum et le Documentation Center of Cambodia (DC-CAM). Trente-six représentants de 10 pays y ont participé, y compris la May 18 Foundation (Corée du Sud), le South Asian Research and Resource Center (Pakistan), Sabarmati Gandhi Ashram (Inde), Task Force Detainees of the Philippines (Philippines), Tribhuban University (Népal) notamment. L’atelier a inclus la visite du Tuol Sleng Genocide Museum – symbole de la torture et de l’emprisonnement, connu sous le nom de S-21 pendant le régime des Khmers rouges – et une discussion sur les programmes éducatifs que Tuol Sleng pourrait mettre en place pour aider les jeunes à relier cette histoire avec les questions auxquelles ils sont confrontés aujourd’hui. Ce site est un élément central du procès international des hauts dirigeants du régime des Khmers rouges qui a lieu actuellement.

Pendant l’atelier, les participants ont partagé leurs expériences de l’utilisation de l’histoire sur leurs sites pour aborder les conflits contemporains dans leurs contextes locaux ; ils ont identifié des opportunités d’extension du mouvement des Sites de conscience sur le continent asiatique, y compris avec des sites potentiels au Pakistan, au Népal et à Myanmar (Birmanie), trois endroits où il est particulièrement nécessaire d’encourager l’engagement civique pour le renforcement de la démocratie ; et, grâce à des événements publics à forte visibilité, ils ont profité de la couverture médiatique de l’atelier pour promouvoir le mouvement régional des Sites de conscience et le développement d’un programme d’histoire orale destiné aux jeunes au Tuol Sleng Genocide Museum.

Atelier des Sites de conscience russes – Perm, Russie (juillet 2008)

Du 28 au 29 juillet 2008, le Musée du Goulag à Perm-36, coordinateur régional desSites de conscience russes, a organisé un atelier régional sur le site du Musée, immédiatement après leur festival annuel Pilorama.
« Pilorama » est une des scieries ayant servi aux prisonniers des camps du Goulag à l’époque de Staline pour accomplir le dur labeur qui leur était imposé. Une de ces scieries a été préservée à Perm-36. Aujourd’hui, la plate-forme de cette scierie historique sert de scène principale pour un festival artistique estival en plein air de trois jours. Le festival de Pilorama a été spécifiquement créé pour répondre à la chute de l’engagement civique et aux menaces pesant sur les libertés démocratiques de la fin des années 1980 à nos jours. Pilorama utilise une variété de supports artistiques pour aborder les enjeux civiques contemporains, en liant l’histoire de l’état totalitaire russe aux politiques de son gouvernement actuel, et cherche à redynamiser l’engagement citoyen dans les questions sociales par un mélange de performances artistiques et de dialogue public.
L’édition 2008 de Pilorama a attiré 2 500 personnes – dont des jeunes de la région, des anciens prisonniers et des descendants des anciens gardes des camps – une participation en hausse de plus de 300 % par rapport au festival de l’année dernière. Les thèmes du festival de cette année étaient le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948 et le 40ème anniversaire du début du mouvement de dissidence soviétique après l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968. Ces thèmes ont servi à encourager la responsabilité civique et l’action dans le cadre de 12 programmes de dialogue différents organisés avec les participants à Pilorama.
Après le festival, les participants à l’atelier ont organisé des dialogues avec des membres du public sur les questions soulevées par l’événement, en particulier le rôle des citoyens ordinaires face à la répression menée actuellement par l’État russe.
Les participants ont en outre souligné les défis et les opportunités qu’ils rencontrent pour inclure des informations sur la répression d’État dans leurs sites, et la manière dont le réseau régional pourrait les aider à surmonter ces défis. Ils ont longuement discuté des obstacles politiques auxquels ils sont confrontés pour inclure des programmes sur la répression d’État et ont élaboré ensemble des stratégies pour parvenir à passer outre, y compris :
l’intégration d’une formation sur la répression politique et l’organisation de dialogues difficiles dans les techniques de muséologie professionnelles, et faire de ces pratiques une partie intégrante de la muséologie moderne, légitimées par la Coalition internationale et autres autorités muséales.
Le Musée du Goulag à Perm-36 lancera une école de muséologie à la fois pour fournir un espace pour des formations plus intensives et pour légitimer le travail du réseau régional aux yeux des autorités locales. Cette école dispensera aux professionnels des musées des formations de deux semaines sur les normes actuelles en matière de muséologie, avec la participation d’experts des droits de l’homme et de l’engagement civique, ainsi que des représentants de la Coalition internationale des musées (ICOM).

Parmi les participants à l’atelier se trouvaient des représentants des institutions suivantes : Musée municipal de Berezniki (Perm, Russie), Musée municipal de Cherdyn (Perm, Russie), Musée municipal d’Iliinsk (Perm, Russie), Musée municipal de Komi-Permyak (Perm, Russia), Centre musée de Krasnoyarsk (Krasnoyarsk, Russie), Musée municipal de Kungur (Perm, Russie), Centre mémorial de Mednoe (Tver, Russie), Musée de la collectivisation (Yekaterinberg, Russie), Musée de l’histoire de la répression politique (Tomsk, Russie), Quartier général de la NKVD pour le Goulag du district de la Kolyma (Kolyma, Russie), Musée municipal de Solicamsk (Perm, Russie) et Musée virtuel du Goulag (St. Pétersbourg, Russie).

Atelier des Sites de conscience en Amérique latine : Transmission de la mémoire et culture politique, Buenos Aires, Argentine (juillet 2008)

De nombreux Sud-Américains renient leur histoire récente en refusant d’admettre les événements qui se sont produits pendant les périodes de terrorisme d’État. Pourtant, dans tout le Cône Sud, diverses initiatives mémorielles, impliquées dans l’histoire riche de l’engagement civique et de l’activisme actuel pour les droits de l’homme, sont déterminées à promouvoir la reconnaissance et la mémoire des événements qui ont profondément marqué leurs communautés. 16 organisations de ce type se sont réunies du 9 au 11 juillet 2008 à Buenos Aires pour le 2ème atelier des Sites de conscience d’Amérique latine sur le thème « Transmission de la mémoire et culture politique », à l’invitation de Memoria Abierta, coordinateur régional sud-américain de la Coalition.

Memoria Abierta, coalition d’organisations argentines de défense des droits de l’homme, a pour mission la promotion du savoir, de la conscience sociale et de la mémoire du terrorisme d’État en Amérique latine. En organisant des ateliers, des formations et des visites de sites, Memoria Abierta aide les lieux de mémoire d’Amérique latine à identifier et à archiver des dossiers et des objets historiques liés au terrorisme d’État et à les utiliser pour engager le public à dialoguer et à réfléchir sur les questions du terrorisme d’État et des droits de l’homme.

Lors du dernier atelier, des militants de la mémoire issus de différents contextes politiques et institutionnels ont présenté et évalué mutuellement leurs programmes éducatifs, avant de définir le programme d’action des Sites de conscience en Amérique latine pour l’année à venir. Malgré la diversité de leurs histoires et de leurs contextes politiques actuels, les participants ont trouvé qu’ils étaient confrontés à des défis similaires dans leurs efforts pour intéresser les jeunes et le grand public à l’histoire de la répression d’État dans leurs communautés et à ses conséquences contemporaines. Pour relever ces défis, les participants ont également réfléchi ensemble à la manière dont le coordinateur régional pour l’Amérique latine pourrait répondre au mieux à leurs besoins dans l’année à venir, notamment en soutenant leurs efforts pour développer leurs propres archives.
Les participants qui sont déjà membres institutionnels de la Coalition ont aussi travaillé dans le cadre d’une séance spéciale consacrée à étudier des possibilités de projets communs et d’échanges de personnels à soumettre à la Coalition en vue de l’obtention d’un soutien, ce qui leur permettrait de développer leur action pour inciter le public au dialogue et à l’action sur les questions des droits de l’homme.

Les institutions participantes ont inclus : Asociación Civil Hijos de una Misma Historia (Mar del Plata, Argentine), Archivo Provincial por la Memoria de Córdoba (Córdoba, Argentine), Casa por la Memoria y la Cultura Popular (Mendoza, Argentine), Colectivo Londres 38 (Santiago, Chili), Comisión de Consenso y Trabajo del CCD “El Olimpo” (Buenos Aires, Argentine), Comisión de familiares, sobrevivientes y compañeros de las víctimas de los centros clandestinos de detención El Vesubio y Protobanco (Buenos Aires, Argentine), Comisión Provincial por la Memoria (Buenos Aires, Argentine), Corporación Parque por la Paz Villa Grimaldi (Santiago, Chili), Familiares de Detenidos-Desaparecidos y Asesinados por Razones Políticas del Paraguay (Asunsión, Paraguay), Instituto de Diálogo y Propuestas (Lima, Pérou), Museo de la Memoria (Montevideo, Uruguay), Museo de la Memoria (Rosario, Argentine), Museo de las Memorias: Dictaduras y Derechos Humanos (Asunsión, Paraguay), Paz y Esperanza (Ayacucho, Pérou), Proyecto de Extensión de Interés Social “Memoria e Historia del Pasado Reciente, Problemas didácticos y disciplinares” de la Universidad Nacional del Litoral y la Asociación del Magisterio de la Santa Fe – AMSAFE (Santa Fe, Argentine) et Subsecretaría de Derechos Humanos de Chubut (Chubut, Argentine).

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